« Pas seuls au monde » (mot de la direction artistique, Caroline Simonis)

Depuis trois ans, la direction artistique du Cercle – Lab vivant pose la problématique de l’Identité, de l’Hospitalité à l’autre. Ce qui occupe notre réflexion est précisément notre capacité à tenir compte, à accueillir, à faire exister ce qui nous est étranger tout en étant actif au cœur de nos constitutions, organisations et créations.

Reconnaitre le principe d’hospitalité dans sa valeur inconditionnelle, c’est savoir suspendre ses protections, ne serait-ce que fugitivement ou momentanément. C’est apprendre à lever les barrières identitaires et immunitaires que nous avons établies en nous et autour de nous. C’est le risque à courir pour faire surgir de nouveaux possibles relationnels qui sachent irriguer nos pensées et les ensembles sociaux qui nous surprotègent…

Pas seuls au Monde est le titre de notre série Musiques du Monde mais aussi l’orientation forte qui dirigera nos pensées, écritures, actions et autres fabriques à images pour cet été.

Pas seuls au Monde parle de notre désir de rejoindre et de dialoguer avec les différentes communautés culturelles de la ville de Québec afin de tisser un espace de rencontres qui saura accueillir leurs apports et réalités.

Pas seuls au Monde dit notre responsabilité de créer ensemble un lieu de rencontre qui sache générer de nouvelles formes de liens sociaux et de partage de la parole.

Pas seuls au Monde indique notre volonté à réfléchir un espace politique éclaté et hétérogène, multiple et non harmonieux où cohabitent des groupes particuliers mais non particularisés.

Pas seuls au Monde sous-entend que chacun de nous ne trouvera sa liberté qu’en acceptant qu’il est un étranger pour l’autre, à la fois semblable et singulier.

Pas seuls au Monde imagine les possibles intersections signifiantes entre groupes qui n’enferment pas leurs membres dans une identité close sur elle-même.

Pas seuls au Monde suggère qu’il existe d’autres pensées que la nôtre dont nous pouvons faire bon accueil sachant que les écarts qu’elles portent sont autant de « ressources » à notre disposition – de part et d’autre – pour renouveler nos modes de pensée défaillants ou émoussés.

Pas seuls au Monde affirme qu’il est temps de considérer et d’écouter ceux qu’on considère comme «déviants» ou «barbares» parce qu’ils contestent une vision unique de l’ordre international.

Pas seuls au monde exprime l’état des frontières en constantes mutations qu’elles soient matérielles ou symboliques. Frontières d’autant plus complexes à appréhender qu’elles constituent non seulement une séparation et un vecteur de cloisonnement, mais aussi une interface et un vecteur de mise en relation.

Pas seuls au monde c’est voir Le Cercle comme cette interface, tiers lieu hybride et fluide où convergent des dynamiques de développement économique, social et culturel. Dynamiques qui produisent des maillages et initiatives transculturels, milieux, disciplinaires, et générationnels.