L’auteure de ce texte, Valérie Lafleur, est dramaturge, metteure en scène et directrice artistique du Théâtre de la Grande Boîte. Elle est aussi organisatrice et panéliste pour l’évènement Le Court-théâtre au Québec : Un nouveau genre théâtral? qui aura lieu le 9 juin de 5 à 7, au Cercle-Lab vivant.

ODE À LA COURTE

Quand on m’a proposé d’écrire un texte sur le « court-théâtre », ou sur les  « courtes-pièces », j’ai d’abord pensé proposer une recherche exhaustive et détaillée du phénomène à travers le monde. Après dix ans d’université, j’étais plus que formée pour chercher le détail de la chose, que je me disais… Il faut dire qu’étant intéressée par le sujet depuis longtemps, la recherche d’informations traitant du « court » m’était déjà connue. Depuis le gros trip à Mexico, où l’on propose un court-théâtre hyper structuré (15m2, 15 spectateurs, 15 min.), en passant aux présentations éphémères (et souvent multidisciplinaires) du grand New-York, pour revenir avec fougue à Montréal à travers des évènements tels que les Laissés pour Contes et Le Théâtre Tout Court, on sent le vrombissement de quelque chose qui est sur le point d’éclore. Un truc qui, s’il acquiert un jour juste ce qu’il faut d’espace pour respirer, déploiera ses ailes d’une façon que personne ne peut encore imaginer! « Ça va être big mon chum! »

Une fois ces quelques lignes écrites, j’ai dû me rendre à l’évidence : pas besoin de faire une recherche exhaustive sur le sujet, il se suffit déjà à lui-même. J’ai alors tenté de faire un topo à partir duquel j’examinerais simplement le « court » d’un point de vue « avantages et inconvénients ». Un genre de tableau « Pour ou Contre », comme quand on était p’tits, tsé? Je me suis munie de mon plus beau crayon (le premier que j’ai trouvé, en fait) et j’ai fait mon tableau. La colonne des avantages était riche : lieux atypiques, les happenings, l’implication facile des spectateurs, possibilité de travail In Situ, faibles coûts (production et entrée), formules variées, plus grande place pour le théâtre indépendant, etc. Ma colonne des inconvénients, elle, était plutôt succincte : frilosité des diffuseurs traditionnels, financement à peu près absent et spectateurs plus difficiles à déplacer pour une représentation d’une courte durée. (Bon, on va se le dire tout de suite, ça vient un peu avec…) Ici encore, cette énumération simple m’apparaissait comme étant bien représentative du sujet dans son état actuel au Québec. Alors que dire de plus? Comment faire pour parler d’un sujet qui m’est si cher tant lorsque je l’écris, que lorsque je le joue ou le mets en scène? En lui exprimant mon amour! Court-théâtre, ce poème est pour toi!

ODE À LA COURTE

Ô Court-théâtre

Tu chéris mes jours, tu hantes mes nuits

Quand je t’écris, tu me réponds de belle façon

Quand je me joue de toi, tu me surprends

Quand je te mets sur scène, tu me combles

Sache-le, la longueur n’a pas d’importance

Tu es beau

Tu es grand

Je t’aime

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