Dernièrement, Le Cercle-Lab Vivant a accueilli Ethereum, une technologie décentralisée P2P qui permet la création et l’exécution de Smart Contracts sur une Blockchain public.

Pour en savoir plus, pour comprendre les aboutissements et ce que peut apporter une telle plateforme, visionner la vidéo de l’introduction Ethereum qu’a accueillie le Cercle. Plus bas, Jonathan Duhamel, fondateur de Gnetix, nous décrit le concept et ses avantages…

Mais qu’est-ce que la plate-forme Ethereum?

En une phrase, Ethereum est un ordinateur mondial, que n’importe qui peut programmer et utiliser comme il le souhaite. Cet ordinateur est toujours allumé, il est très sécurisé, et tout ce qui est fait à l’aide de cet ordinateur est public.

Ethereum, c’est donc la décentralisation d’applications. Les applications fonctionnent sur le réseau Ethereum, qui est constitué de plusieurs milliers d’ordinateurs qui communiquent en permanence. Ils partagent une même base de données, la « blockchain » (que l’on peut comparer à un tableau excel). Pour modifier cette blockchain, le réseau permet l’utilisation de « smart contracts » (qui correspondraient à des macros dans l’exemple d’un tableau excel). Plus d’informations sur les smart contracts dans l’article qui leur est dédié.

Cette décentralisation présente de nombreux avantages, parmi lesquels on peut noter :

  • Immuabilité : les données qui sont enregistrées dans la blockchain y sont enregistrées pour toujours : la blockchain garde l’historique de toutes les modifications qui y ont été apportées depuis l’origine.
  • Protection contre la modification des données : puisque chaque ordinateur possède une copie de la base de données, il est extrêmement difficile de pirater cette base de données. Pour altérer la base, il faudrait altérer simultanément plus de 51 % des ordinateurs participants simultanément… La blockchain bitcoin existe depuis 2009 et elle n’a jamais été corrompue par une attaque informatique.
  • Sécurité du réseau : l’ensemble de la blockchain fonctionne avec un protocole chiffré très puissant qui la rend également très difficile à altérer.
  • Fiabilité : Il est virtuellement impossible d’arrêter simultanément tous les ordinateurs participants à la blockchain Ethereum. Par conséquent, cette base de données est toujours en ligne et son fonctionnement ne s’arrête jamais.

L’autre caractéristique importante d’Ethereum est la transparence. L’ensemble des contrats exécutés sur le réseau sont publics et, avec un peu de connaissance technique, n’importe qui peut contrôler que tout fonctionne correctement.

La technologie est encore en développement. La version 1.0 du réseau a été déployée le 14 mars 2016, mais les outils permettant au « grand public » de l’utiliser n’ont pas encore été développés.

D’ores et déjà, des dizaines de développeurs dans le monde entier sont au travail pour développer des applications décentralisées (« dApps ») qui s’exécuteront sur le réseau Ethereum.

Quelques exemples de ces projets d’application

tg-logo-300x92

  • Un projet pilote réalisé dans l’arrondissement de Brooklyn (New-York), Transactive Grid est un réseau d’interconnexion entre des résidants qui possèdent des installations de panneaux solaires et qui désirent échanger de l’électricité emmagasiné de manière transparente. Le système utilise le grand livre distribué (Blockchain) et la plate-forme applicative Ethereum.

augur_logo_600

  • Augur, Un système permettant à chacun de « parier » sur la réalisation d’un événement, en étant rémunéré dans les cas où la prédiction s’avère juste, l’objectif (très humble…) étant à terme de prédire le futur en se fondant sur l’intelligence collective;

 

slockit_text_logo

  • Slock.it, un système permettant de contrôler des objets intelligents par des « smart contracts » enregistrés sur la blockchain qui semble très intéressant dans le fonctionnement.

 

Comment ça marche exactement ?

La technologie derrière Ethereum est grosso modo la même que celle utilisée par le bitcoin : il s’agit d’ordinateurs individuels qui « participent » à une unique base de données globale publique, et donc partagée entre tous. Un livre de comptes, ou un tableau excel géant dans lequel on entre les données que l’on souhaite et auquel tout le monde a accès.

C’est ce qu’on appelle la « blockchain ». Cette « blockchain » comprend l’historique de l’ensemble des opérations qui ont été réalisées sur la base. Cela permet 1) d’éviter que quelqu’un puisse modifier cet historique de la base et 2) de pouvoir reconstituer à n’importe quel moment les différentes modifications effectuées sur la base par les utilisateurs.

Plus d’infos sur la Blockchain dans cette vidéo très bien réalisée par rue89 :

Comment utilise-on cette base ?

C’est ici une grosse spécificité de la technologie développée par les créateurs d’Ethereum : on programme, sous la forme de « contrats » virtuels, appelés « smart contracts », des actions qui sont exécutées par l’ensemble des participants à la blockchain. Si la blockchain est un tableau excel, les smart contracts sont des macros.

Les développeurs envoient donc une série d’instructions à la blockchain (un « smart contract »). Ces instructions sont ensuite exécutées automatiquement sur la blockchain lorsqu’une personne en le demande (elle envoie une instruction d’exécution). Le tout est effectué de façon publique est vérifiable par les ordinateurs connectés à la blockchain.

L’un des concepts les plus intéressants développés à ce jour sur la blockchain est le DAO (« decentralized autonomous organization »).

Qu’est-ce qu’une DAO ?

Une DAO est une forme de société entièrement décentralisée. Elle n’existe que sur la blockchain ethereum et ses participants n’interagissent entre eux que sur la blockchain.

Par conséquent, la DAO est entièrement transparente : ses comptes sont publics, les échanges entre participants également. La DAO ne s’arrête jamais et est entièrement sécurisée.

Pour avoir un impact dans le monde réel, la DAO fait appel à des fournisseurs de service. Comme la DAO n’a en elle même aucune forme juridique, elle ne peut pas par exemple recruter des salariés, acheter des biens… C’est donc le fournisseur de services engagé par la DAO qui effectuera en pratique les services, qui gèrera l’activité, etc.

Pour faire un parallèle avec ce qui existe déjà, il s’agit d’une sorte de conseil d’administration doté d’un pouvoir de décision et d’un pouvoir financier. La DAO décide à la majorité de la façon d’allouer ses fonds et des prestataires qu’elle recrute. Elle peut décider d’arrêter de travailler avec un prestataire et d’en recruter un autre. Elle garde toujours le contrôle des fonds qu’elle possède en ethers et qui sont dans la blockchain.

Comme les DAO sont conçues autour d’un projet, elles seront conduites au départ à engager la société porteuse sur projet d’origine. Mais on peut imaginer que si le projet n’est pas mené à son terme correctement par la société, le DAO décide de rompre son contrat et d’engager une autre société de services pour un projet similaire.

Commentaires