La 6e édition de La petite scène, qui avait lieu jeudi le 17 mars 2016, fut un franc succès! Nous aimerions vous partager le texte de la direction artistique émis pour l’occasion : 

« It is a cold dark empty space »

Avec cette sixième édition de La petite scène (et oui!), nous continuons d’explorer notre rapport au Nord et ses effets sur nos états d’esprit et de chair.

Adresser une symbolique et un imaginaire fécond autour de la Nordicité, c’est accepter d’écouter autrement notre bien commun, aride, mais si fragile. Ses mouvements et ses marques s’inscrivent à même la danse qui dialogue de multiples façons avec cette blancheur horizontale qui tout à la fois nous captive et nous désoriente.

Le manque de lumière, les chutes de pression, les basses fréquences de la matière endormie qui conduisent d’habitude le corps à se replier, cherchant en lui-même à se défendre de l’hostile, deviennent ce soir matière à création.

La danse a beaucoup à nous apprendre car elle sait trouver le mouvement dans le figement. Elle génère le souffle même dans la rareté de l’air et dans la glace qui semblent vouloir taire la puissance vibratoire du corps. Corps sensible, irrésistiblement attiré telle l’aiguille aimantée de la boussole vers le Nord magnétique, ce point de convergence des lignes de force du champ magnétique qui entoure la Terre.

C’est donc sur la piste d’une poétique de l’impermanence que nous avancerons avec les danseurs et danseuses présent(e)s ce soir. L’occasion de nous rappeler que le vivant est nature, et que la nature est toujours ce qui est en train de naître malgré la présence inéluctable de la mort… et du Nord qui la sculptent et savent en magnifier l’émergence et le devenir.

Bonne soirée!

Caroline Simonis et Jean-François Duke

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